Fiscalité

Micro-foncier ou régime réel : quel choix fiscal ?

La fiscalité des revenus locatifs, c'est souvent ce qui fait la différence entre un investissement rentable et un gouffre. Voici comment choisir le bon régime selon votre situation.

1 avril 2026 · 10 min de lecture

Quand on commence à percevoir des loyers, la question du régime fiscal arrive très vite. Deux options principales s'offrent aux bailleurs en location nue : le micro-foncier et le régime réel. Choisir le mauvais régime peut coûter plusieurs centaines voire plusieurs milliers d'euros par an. Et contrairement à ce qu'on lit parfois, la réponse n'est pas la même pour tout le monde.

Le micro-foncier

Le micro-foncier est le régime simplifié. Il s'applique automatiquement si vos revenus fonciers bruts (loyers encaissés, hors charges) ne dépassent pas 15 000 € par an.

Comment ça fonctionne

  • 1.Vous déclarez le total de vos loyers bruts sur votre déclaration de revenus, case 4BE.
  • 2.L'administration applique automatiquement un abattement forfaitaire de 30 % pour couvrir l'ensemble de vos charges.
  • 3.Vous êtes imposé sur les 70 % restants, au barème de l'impôt sur le revenu plus les prélèvements sociaux (17,2 %).

L'avantage : zéro justificatif à fournir, zéro note de frais à conserver, déclaration très rapide. L'inconvénient : si vos charges réelles dépassent 30 % de vos loyers, vous payez trop d'impôts.

Autre contrainte : le micro-foncier n'est pas utilisable si vous bénéficiez d'un régime spécial (Malraux, monuments historiques, déficit foncier issu d'un dispositif réglementaire).

Le régime réel

Au régime réel, vous déduisez vos charges effectivement dépensées du montant brut de vos loyers. Vous êtes ensuite imposé sur le revenu net ainsi obtenu (ou vous créez un déficit foncier imputable sur votre revenu global, dans certaines limites).

Les charges déductibles au régime réel sont nombreuses. En voici les principales.

  • Travaux de réparation et d’entretien

    Pas les travaux d’amélioration ou de construction, mais tout ce qui maintient le logement en état.

  • Intérêts d’emprunt

    Les intérêts du crédit immobilier financement le bien locatif sont intégralement déductibles.

  • Assurances

    Assurance PNO (propriétaire non-occupant), garantie loyers impayés (GLI).

  • Taxe foncière

    Hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui est récupérable sur le locataire.

  • Frais de gestion

    Honoraires d’agence, frais de comptabilité, abonnement à un logiciel de gestion locative.

  • Charges de copropriété

    La part non récupérable sur le locataire (gros travaux, honoraires syndic).

Pour le LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) au régime réel, s'ajoute l'amortissement du bien et du mobilier, ce qui peut permettre de ne pas payer d'impôt pendant de nombreuses années. L'amortissement ne s'applique pas en location nue.

Exemple chiffré

Prenons un cas concret pour visualiser la différence. Vous louez un appartement 800 €/mois, soit 9 600 €/an. Vous avez par ailleurs des charges déductibles réelles de 4 500 € (taxe foncière 900 €, assurance PNO 250 €, travaux peinture 2 000 €, intérêts emprunt 1 350 €).

Micro-foncier

Loyers bruts9 600 €
Abattement 30 %-2 880 €
Base imposable6 720 €

L'abattement ne couvre que 30 % alors que vos charges réelles représentent 47 % des loyers.

Régime réel

Loyers bruts9 600 €
Charges réelles-4 500 €
Base imposable5 100 €

1 620 € de revenus en moins dans la base imposable par rapport au micro-foncier.

Pour une personne imposée à la tranche marginale de 30 %, la différence de base imposable de 1 620 € se traduit par une économie d'impôt d'environ 486 € (sans compter l'impact sur les prélèvements sociaux). Sur 10 ans, et si les charges restent stables, c'est près de 5 000 € d'économie.

Quand le micro-foncier est plus intéressant

Le micro-foncier reste pertinent dans plusieurs situations.

  • Peu de charges réelles. Si votre bien est récent, bien entretenu et sans emprunt en cours, vos charges déductibles seront faibles. L'abattement de 30 % peut alors être supérieur à vos charges réelles.
  • Pas de travaux à venir. Si le logement ne nécessite aucune rénovation dans les prochaines années, la simplicité administrative du micro-foncier est un vrai avantage.
  • Temps limité pour la comptabilité. Si vous ne voulez pas gérer de justificatifs ni faire appel à un comptable, le micro-foncier est beaucoup plus léger.

Quand le régime réel s'impose

Dans les cas suivants, passer au régime réel est presque toujours plus avantageux.

  • Gros travaux en cours ou prévus. Les travaux de réparation et d'entretien sont intégralement déductibles. Ils peuvent même générer un déficit foncier imputable jusqu'à 10 750 €/an sur votre revenu global.
  • Emprunt immobilier en cours. Les intérêts d'emprunt sont déductibles uniquement au réel. Sur un crédit de 150 000 € à 3 %, cela représente près de 4 500 € de charges déductibles la première année.
  • Revenus fonciers supérieurs à 15 000 €/an. Au-delà de ce seuil, le régime réel est obligatoire. Pas de choix possible.
  • Charges réelles dépassant 30 %. Si vos charges (taxe foncière, assurance, entretien, frais de gestion) représentent plus de 30 % de vos loyers, le réel vous permet de déduire davantage.

Attention : l'option réel est irrévocable pendant 3 ans

Si vous relevez du micro-foncier mais choisissez d'opter pour le régime réel (option possible même sous le seuil de 15 000 €), vous ne pouvez pas revenir en arrière pendant 3 ans. Réfléchissez bien avant d'opter, surtout si vos travaux sont ponctuels.

L'importance du suivi pour votre déclaration

Que vous soyez au micro-foncier ou au réel, un bon suivi de vos loyers encaissés et de vos dépenses simplifies considérablement la déclaration fiscale. Au réel en particulier, vous avez besoin de tout justifier : chaque charge doit avoir sa facture.

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