Fiscalité

Charges déductibles des revenus fonciers : la liste complète 2026

Ce que vous pouvez déduire, ce que vous ne pouvez pas, et comment créer un déficit foncier qui efface jusqu'à 21 400 € d'impôt.

12 mai 2026 · 11 min de lecture

En bref

Au régime réel, les charges déductibles des revenus fonciers sont listées par l'article 31 du Code général des impôts : travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration, intérêts d'emprunt, taxe foncière (hors TEOM), primes d'assurance, charges de copropriété non récupérables, et frais de gestion (forfait de 20 € par local + frais réels). Les travaux de construction, de reconstruction et d'agrandissement ne sont jamais déductibles. Quand les charges dépassent les loyers, vous générez un déficit foncier imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an (21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique, jusqu'au 31 décembre 2027).

Bien déduire ses charges, c'est souvent la différence entre payer 30 % d'impôt sur ses loyers et n'en payer presque rien pendant plusieurs années. Encore faut-il savoir ce qui passe et ce qui ne passe pas. La liste officielle figure dans l'article 31 du Code général des impôts. Elle est limitative : tout ce qui n'y est pas mentionné ne peut pas être déduit.

Pré-requis

Vous devez être au régime réel

La réponse courte : la déduction des charges réelles n'existe qu'au régime réel. Au micro-foncier (revenus fonciers bruts inférieurs à 15 000 €/an), l'administration applique automatiquement un abattement forfaitaire de 30 %, peu importe vos charges réelles. Si vos charges dépassent ce seuil de 30 %, vous laissez de l'argent sur la table.

Le régime réel s'applique automatiquement au-delà de 15 000 € de loyers bruts annuels. En dessous, c'est sur option : vous cochez la case correspondante dans votre déclaration et vous remplissez le formulaire 2044. Attention : l'option vous engage pour 3 ans, irrévocablement.

Le bon réflexe

Faites le calcul avant d'opter. Si vos charges réelles représentent moins de 30 % de vos loyers bruts, le micro-foncier reste plus avantageux. Dès qu'elles dépassent ce seuil (typiquement avec un emprunt en cours ou des travaux), le réel devient intéressant.

Article 31 du CGI

Les 7 catégories de charges déductibles

Voici la liste complète des dépenses qu'un bailleur en location nue peut soustraire de ses loyers bruts. Pour chaque catégorie, gardez toutes les factures : en cas de contrôle, c'est à vous de prouver la réalité et le rattachement au bien loué.

CatégorieCe que vous pouvez déduire
TravauxRéparation et entretien (toiture, plomberie, peinture intérieure), amélioration des locaux d’habitation (cuisine équipée, isolation, double vitrage). Pas la construction ni l’agrandissement.
Intérêts d’empruntIntérêts du crédit immobilier finançant l’acquisition, la réparation ou l’amélioration du bien. Frais de dossier et primes d’assurance emprunteur inclus.
Taxe foncièreMontant payé à la commune, hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) qui est récupérable sur le locataire.
AssurancesPropriétaire non-occupant (PNO), garantie loyers impayés (GLI), assurance emprunteur sur le crédit immobilier.
Charges de copropriétéProvisions versées au syndic pour la part non récupérable sur le locataire (gros entretien, honoraires syndic, ravalement).
Frais de gestionForfait de 20 € par local + frais réels : honoraires d’agence, comptable, abonnement à un logiciel de gestion locative, frais de procédure judiciaire.
Cas particuliersIndemnités d’éviction, frais de relogement provisoire des locataires pendant travaux, droits de mutation pour les SCI (sous conditions).

Référence : article 31, I-1° du Code général des impôts (version modifiée par la loi de finances pour 2026).

Le sujet qui crée le plus de confusion

Travaux : trois catégories, des règles différentes

Tous les travaux ne se valent pas aux yeux du fisc. Le BOFIP (BOI-RFPI-BASE-20-30) distingue trois familles, avec un traitement fiscal radicalement différent.

Réparation et entretien

Déductibles

Maintenir ou remettre le bien en bon état. Toiture, plomberie, électricité, peinture intérieure, ravalement d'entretien, remplacement d'une chaudière identique.

Amélioration

Déductibles

Apporter un élément de confort nouveau sans modifier la structure. Cuisine équipée, isolation thermique, double vitrage, installation d'une VMC, mise aux normes électriques.

Construction, reconstruction, agrandissement

Non déductibles

Modification importante du gros œuvre, accroissement du volume ou de la surface habitable. Surélévation, extension, véranda, abattement de murs porteurs.

Le piège classique : refaire entièrement une salle de bain est déductible (amélioration). Créer une salle de bain supplémentaire là où il n'y en avait pas peut être requalifié en reconstruction si ça implique des travaux structurels. En cas de doute, l'administration regarde l'ampleur des travaux et leur effet sur la consistance du bien.

Cas particulier : les monuments historiques

Pour un bien classé ou inscrit, même les travaux d'entretien courant bénéficient d'un régime de faveur. Renseignez-vous auprès du service du patrimoine de votre DRAC avant de lancer un chantier.

Charge la plus importante en pratique

Intérêts d'emprunt et frais bancaires

Sur un crédit immobilier en cours, les intérêts représentent souvent le poste de déduction le plus lourd. Le BOFIP (BOI-RFPI-BASE-20-80) précise que sont déductibles les intérêts payés pour les emprunts contractés en vue de l'acquisition, la conservation, la construction, l'agrandissement, la réparation ou l'amélioration du bien.

En clair : que le prêt serve à acheter ou à faire des travaux, les intérêts sont déductibles. Et avec eux, les frais accessoires.

  • Intérêts du crédit principal

    Sur un emprunt de 200 000 € à 3 % sur 20 ans, comptez environ 6 000 € d’intérêts déductibles la première année (montant décroissant ensuite).

  • Frais de dossier

    Frais facturés par la banque à l’ouverture du prêt. Déductibles l’année où ils sont payés.

  • Frais de garantie

    Hypothèque, privilège de prêteur de deniers ou caution (Crédit Logement). Déductibles intégralement.

  • Primes d’assurance emprunteur

    Assurance décès-invalidité rattachée au crédit immobilier finançant le bien loué.

  • Frais de mainlevée

    Frais liés à la levée d’hypothèque en cas de remboursement anticipé du prêt.

Spécificité des intérêts dans le déficit foncier

La fraction du déficit foncier qui provient des intérêts d'emprunt n'est jamais imputable sur le revenu global. Elle est uniquement reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. C'est une particularité codifiée à l'article 156, I-3° du CGI.

Charges récurrentes

Taxe foncière, assurances, charges de copropriété

Ces trois postes reviennent chaque année. Même sans gros travaux, ils représentent souvent 15 à 25 % des loyers bruts.

Taxe foncière

Intégralement déductible, sauf la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) qui figure sur le même avis. La TEOM est récupérable sur le locataire via les charges, donc elle ne peut pas en plus être déduite côté bailleur. Concrètement, vous reportez en ligne 227 du formulaire 2044 le montant de l'avis, diminué de la TEOM.

Primes d'assurance

Toutes les assurances liées au bien loué sont déductibles sans limite : assurance propriétaire non-occupant (PNO), garantie loyers impayés (GLI), assurance vacance locative, et l'assurance emprunteur déjà mentionnée.

Charges de copropriété

Vous déduisez les provisions versées au syndic l'année N. L'année suivante, vous réintégrez la part récupérable auprès du locataire et vous déduisez les charges réellement non récupérables. C'est le mécanisme prévu par l'article 31, I-1°-a quater du CGI. Cette régularisation se fait sur les lignes 229 et 230 du formulaire 2044.

Pour aller plus loin sur les charges récupérables

La liste exhaustive est fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987. Voir notre article Charges locatives récupérables : la liste complète.

Bonus souvent oublié

Le forfait de 20 € par local et les frais réels

L'article 31, I-1°-e du CGI prévoit deux briques distinctes pour les frais de gestion : un forfait automatique et des frais réels justifiables.

Forfait de 20 € par local

Vous déduisez automatiquement 20 € par bien loué, sans aucun justificatif à fournir. Ce forfait couvre les frais de correspondance, téléphone, déplacements, petit matériel de bureau. Trois appartements loués : 60 € déductibles, sans facture.

Ligne 222 du formulaire 2044.

Frais réels justifiables

Honoraires d'une agence de gestion locative, frais de comptable, abonnement à un logiciel de gestion, frais d'huissier pour un commandement de payer, honoraires d'avocat dans un litige avec un locataire. Tout ce qui est facturé et lié au bien loué.

Lignes 221 et 223 du formulaire 2044.

Les deux se cumulent. Si vous payez 800 € d'honoraires de gestion à une agence pour deux logements, vous déduisez 800 € + 40 € (forfait), soit 840 €.

Quand les charges dépassent les loyers

Le mécanisme du déficit foncier

Si vos charges déductibles dépassent vos loyers bruts, vous créez un déficit foncier. C'est là que la déduction devient un vrai levier fiscal : le déficit s'impute d'abord sur vos autres revenus fonciers, puis sur votre revenu global, dans certaines limites.

Plafond classique

10 700 €

Imputables chaque année sur votre revenu global (article 156, I-3° du CGI). L'excédent est reportable sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes.

Plafond doublé (rénovation énergétique)

21 400 €

Si vos travaux font passer un logement de classe E, F ou G à A, B, C ou D. Dispositif prolongé jusqu'au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2026.

Concrètement, prenons un cas. Vous touchez 9 600 € de loyers, mais vous payez 15 000 € de travaux d'amélioration cette année (refection complète d'une salle de bain et isolation des combles), plus 4 500 € d'autres charges (taxe foncière, assurances, intérêts). Total des charges : 19 500 €. Déficit foncier : 9 900 €.

Ce déficit vient s'imputer sur votre revenu global (salaires, retraites, etc.) jusqu'à 10 700 €. Pour une tranche marginale à 30 %, c'est environ 2 970 € d'économie d'impôt, plus l'économie sur les prélèvements sociaux. L'année suivante, vos loyers sont imposables normalement.

Engagement de location de 3 ans

Pour conserver le bénéfice du déficit foncier imputé sur votre revenu global, vous devez maintenir le bien en location nue jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation. Une vente ou un changement d'affectation pendant cette période entraîne la réintégration du déficit dans vos revenus de l'année.

Les piges classiques

Ce que vous ne pouvez pas déduire

Certaines dépenses sont régulièrement intégrées à tort dans la déclaration 2044. Un contrôle fiscal les détecte très vite.

  • ×Travaux de construction et de reconstruction
  • ×Travaux d’agrandissement (extension, surélévation)
  • ×Mobilier et électroménager (sauf en location meublée au régime BIC)
  • ×Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) : récupérée sur le locataire
  • ×Charges récupérables auprès du locataire (eau froide, ascenseur, parties communes)
  • ×Dépenses personnelles du bailleur sans lien avec la location

Erreur fréquente : déduire l'achètement d'une nouvelle cuisine équipée dans une location nue, en pensant que c'est de l'amélioration. C'est en partie vrai : les éléments encastrés et intégrés au bâti sont déductibles, mais pas l'électroménager mobile (réfrigérateur libre, four indépendant). Gardez les factures détaillées pour pouvoir trier en cas de contrôle.

Gagner du temps au moment de déclarer

Garder une trace de chaque charge tout au long de l'année

Lister ses charges au moment de la déclaration, c'est faisable pour un seul lot avec un classeur bien tenu. Dès que vous en gérez trois ou quatre, avec des travaux ponctuels, des intérêts d'emprunt variables et des régularisations de copropriété décalées, retrouver chaque facture en mai devient un calvaire.

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Les dates d'expiration des DPE et des assurances sont suivies, avec alertes en cas d'échéance à venir. Résultat : en cas de contrôle fiscal, vous retrouvez chaque pièce justificative sans fouiller dans vos emails.

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Questions fréquentes

Charges déductibles : vos questions

Quelles charges peut-on déduire des revenus fonciers en 2026 ?

L'article 31 du CGI fixe la liste : travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration des locaux d'habitation, intérêts d'emprunt et frais bancaires liés au crédit immobilier, primes d'assurance (PNO, GLI, emprunteur), taxe foncière (hors TEOM récupérable), charges de copropriété non récupérables, frais de gestion (forfait de 20 € par local plus frais réels comme les honoraires d'agence).

La taxe foncière est-elle déductible des revenus fonciers ?

Oui, intégralement, sauf la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) qui figure sur le même avis : la TEOM n'est pas déductible puisqu'elle est récupérable sur le locataire. Vous déduisez le montant de la taxe foncière diminué de la TEOM, dans la case 227 du formulaire 2044.

Les travaux d’amélioration sont-ils tous déductibles ?

Seuls les travaux d'amélioration sur des locaux d'habitation sont déductibles, à condition qu'ils n'apportent pas de modification importante au gros œuvre, n'augmentent pas le volume ou la surface habitable et ne s'apparentent pas à une reconstruction. Installer une cuisine équipée, refaire une salle de bain, isoler thermiquement : oui. Construire une extension, surélever, abattre des murs porteurs : non.

Qu’est-ce que le forfait de 20 € par local ?

C'est une déduction forfaitaire automatique prévue à l'article 31 du CGI, qui couvre les frais de correspondance, de téléphone, de déplacements et de petit matériel liés à la gestion. Vous la portez en ligne 222 du formulaire 2044, à raison de 20 € par bien loué, sans avoir à fournir de justificatif. Ce forfait s'ajoute aux frais réels (honoraires d'agence, comptabilité, procédures).

Comment fonctionne le déficit foncier en 2026 ?

Quand vos charges déductibles dépassent vos loyers bruts, vous créez un déficit foncier. Il s'impute sur votre revenu global jusqu'à 10 700 € par an (21 400 € si vous faites passer un logement de classe E, F ou G à A, B, C ou D grâce à des travaux de rénovation énergétique, dispositif prolongé jusqu'au 31 décembre 2027 par la loi de finances 2026). L'excédent est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Les intérêts d’emprunt sont-ils déductibles sans limite ?

Les intérêts d'emprunt sont intégralement déductibles des revenus fonciers, qu'il s'agisse d'un crédit pour acquérir, conserver, construire, agrandir, réparer ou améliorer le bien. Particularité : la fraction du déficit foncier provenant des intérêts d'emprunt n'est jamais imputable sur le revenu global, elle ne peut être reportée que sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.