Location nue, meublée, colocation ou courte durée
Le gain de rendement, et ce qu’il coûte en gestion et en risque.
En bref
Un même logement peut être loué nu, meublé, en colocation ou en courte durée, et ce choix décide du loyer, du régime fiscal, de la durée du bail et de la charge de gestion. La location nue relève des revenus fonciers, avec un abattement de 30 % au micro-foncier sous 15 000 € de loyers bruts annuels, et un bail de trois ans pour un bailleur personne physique. La location meublée de longue durée relève des bénéfices industriels et commerciaux, avec un abattement de 50 % au micro-BIC sous 77 700 € de recettes, et un bail d’un an, ramené à neuf mois pour un étudiant. La courte durée a été resserrée : depuis les revenus 2025, un meublé de tourisme non classé relève d’un abattement de 30 % plafonné à 15 000 €.
La location nue
C’est le mode le plus simple et le moins exigeant en temps. Le logement se loue vide, le bail dure trois ans pour un bailleur personne physique, six ans pour une personne morale, et les locataires restent généralement plus longtemps qu’en meublé.
Fiscalement, les loyers relèvent des revenus fonciers. Au micro-foncier, l’abattement forfaitaire est de 30 % tant que les loyers bruts annuels restent sous 15 000 €. Au-delà, ou sur option, le régime réel permet de déduire les charges pour leur montant réel, intérêts d’emprunt compris, et d’imputer un éventuel déficit foncier.
La location meublée
Le logement est loué équipé d’un mobilier dont la composition est fixée par décret : le locataire doit pouvoir y vivre immédiatement. Le bail est d’un an, reconduit tacitement, ou de neuf mois pour un étudiant, sans reconduction dans ce cas.
La location meublée est une activité commerciale : les recettes relèvent des bénéfices industriels et commerciaux, et non des revenus fonciers. Au micro-BIC, l’abattement est de 50 % sous 77 700 € de recettes. Au réel, l’amortissement du bien et du mobilier entre en jeu, ce qui change beaucoup le résultat imposable et justifie souvent un accompagnement comptable.
Cette nature commerciale a une conséquence en société : exercée de façon habituelle par une SCI à l’impôt sur le revenu, elle entraîne son passage à l’impôt sur les sociétés. Le point est traité au chapitre choisir sa structure.
Les régimes côte à côte
Catégorie fiscale et abattement au régime micro
| Mode | Catégorie | Abattement micro |
|---|---|---|
| Location nue | Revenus fonciers | 30 % sous 15 000 € |
| Meublé longue durée | BIC | 50 % sous 77 700 € |
| Meublé de tourisme classé | BIC | 50 % sous 77 700 € |
| Meublé de tourisme non classé | BIC | 30 % sous 15 000 € |
BIC : bénéfices industriels et commerciaux. Les abattements micro remplacent toute déduction de charges réelles : ils sont avantageux quand les charges sont faibles, pénalisants quand elles ne le sont pas. Le régime réel se compare au cas par cas.
La colocation
Ce n’est pas une catégorie fiscale à part : c’est une modalité qui se superpose au bail nu ou meublé. Le logement se loue à la chambre, avec un bail unique et une clause de solidarité, ou des baux individuels.
Le loyer total d’un même logement augmente, et c’est ce qui attire. La gestion se démultiplie en proportion : plus de baux, plus d’états des lieux, plus de départs à gérer, un mobilier qui s’use plus vite et des parties communes à arbitrer. Le cadre complet figure dans la colocation vue du côté du propriétaire.
La courte durée
Le meublé de tourisme affiche les revenus les plus élevés et la charge de travail la plus lourde : ménages, remises de clés, calendrier, réponses aux demandes. C’est une activité davantage qu’un placement.
Le cadre fiscal s’est resserré. Depuis les revenus 2025, un meublé de tourisme non classé relève d’un abattement de 30 % plafonné à 15 000 € de recettes, contre 50 % et 77 700 € auparavant. Les meublés classés et les chambres d’hôtes conservent un abattement de 50 % dans la limite de 77 700 €.
S’ajoute le risque réglementaire local : changement d’usage, enregistrement, quotas, qui se durcissent dans les communes tendues et peuvent évoluer plus vite qu’un crédit de vingt ans. Le cadre est détaillé dans ce que change la loi Le Meur.
Comment trancher
Posez trois questions dans l’ordre. Combien d’heures par mois pouvez-vous y consacrer, réellement. Quel est le profil de locataire dominant dans le secteur retenu, étudiant, jeune actif, famille. Et quel régime fiscal correspond à votre niveau de charges, ce qui dépend du crédit et des travaux.
Le mode d’exploitation se révise difficilement une fois le bien acheté, parce qu’il conditionne l’aménagement, le type de locataire visé et parfois la structure de détention. Il se décide donc avant, avec le reste de la stratégie.
Le contrat lui-même, ses mentions obligatoires et ses annexes, est traité à part dans bail meublé ou bail vide. Cette étape s’arrête au choix économique.
Ce qu’il faut retenir
- Nu : revenus fonciers, abattement de 30 % sous 15 000 €, bail de trois ans pour un bailleur personne physique.
- Meublé longue durée : bénéfices industriels et commerciaux, abattement de 50 % sous 77 700 €, bail d’un an ou neuf mois pour un étudiant.
- Meublé de tourisme non classé : abattement ramené à 30 % plafonné à 15 000 € depuis les revenus 2025.
- La colocation n’est pas une catégorie fiscale : elle multiplie le loyer et la gestion.
- Le mode d’exploitation se décide avant l’achat : il conditionne l’aménagement et parfois la structure.
Sources
- BOFiP, régime micro-foncier
- L’abattement forfaitaire de 30 % et le plafond de 15 000 € de loyers bruts annuels en location nue.
- BOFiP, régime fiscal de la location meublée
- Le rattachement de la location meublée aux bénéfices industriels et commerciaux, et les seuils du régime micro-BIC.
- ANIL, durée du bail en location meublée
- La durée d’un an du bail meublé, ramenée à neuf mois lorsque la location est consentie à un étudiant.
Sources consultées le 20 septembre 2026.
À lire ensuite
Le choix entre micro et réel en meublé mérite son propre calcul : LMNP, micro-BIC ou réel. Et pour une location à un public étudiant, voir louer à un étudiant. Et pour ce que le régime réel en meublé impose côté comptable, tenir la comptabilité d’un LMNP.
Questions fréquentes sur le mode d’exploitation
Le meublé rapporte-t-il vraiment plus que le nu ?
Le loyer est généralement supérieur et l’abattement du micro-BIC, de 50 % sous 77 700 € de recettes, est plus généreux que les 30 % du micro-foncier sous 15 000 €. En face, la rotation est plus rapide, le mobilier doit être fourni puis renouvelé, et la comptabilité au réel demande plus de travail. L’écart net dépend donc autant de votre disponibilité que du loyer.
Quelle est la durée d’un bail meublé ?
Un an, reconduit tacitement dans les mêmes conditions, ou neuf mois lorsque la location est consentie à un étudiant, sans reconduction tacite dans ce dernier cas. En location vide, le bail est de trois ans pour un bailleur personne physique et de six ans pour une personne morale.
Qu’est-ce qui a changé pour les meublés de tourisme ?
Depuis les revenus 2025, un meublé de tourisme non classé relève d’un abattement de 30 % plafonné à 15 000 € de recettes, contre 50 % et 77 700 € auparavant. Les meublés de tourisme classés et les chambres d’hôtes relèvent d’un abattement de 50 % dans la limite de 77 700 €. S’y ajoutent les règles locales de changement d’usage et d’enregistrement.
Peut-on passer de nu à meublé en cours de route ?
Le changement suppose la fin du bail en cours et la conclusion d’un nouveau contrat, avec le mobilier exigé par la réglementation. Il change aussi de catégorie fiscale, des revenus fonciers vers les bénéfices industriels et commerciaux, ce qui a des conséquences sur les déficits reportables et, en société, sur le régime d’imposition lui-même.
La colocation est-elle un mode d’exploitation à part ?
C’est une modalité qui se superpose au bail nu ou meublé, avec un contrat unique ou des baux individuels par chambre. Elle augmente le loyer total d’un même logement et démultiplie la gestion : plus de baux, plus d’états des lieux, plus de départs, et un mobilier qui s’use plus vite.