Compromis de vente : clauses, délais, rétractation

Les clauses à obtenir, et la différence avec une promesse.

En bref

L’avant-contrat est le document le plus important de l’opération, et le moins lu. Un compromis engage les deux parties à la vente ; une promesse unilatérale n’engage que le vendeur, contre une indemnité d’immobilisation. Dans les deux cas, l’acquéreur non professionnel d’un logement dispose de dix jours pour se rétracter sans motif, à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant l’acte, et aucune somme ne peut lui être réclamée avant l’expiration de ce délai, sauf à être versée entre les mains d’un professionnel disposant d’une garantie financière, qui la restitue sous vingt et un jours en cas de rétractation. La condition suspensive d’obtention de prêt court sur un mois au minimum et prévoit la restitution intégrale des sommes versées, mais son efficacité dépend entièrement de sa rédaction.

Compromis ou promesse

Le compromis, ou promesse synallagmatique, engage les deux parties : le vendeur s’oblige à vendre et l’acquéreur à acheter. Si l’une renonce hors des cas prévus, l’autre peut en principe exiger l’exécution ou une indemnisation.

La promesse unilatérale de vente n’engage que le vendeur, qui réserve le bien pendant un délai donné. L’acquéreur dispose d’une option qu’il lève ou non, en contrepartie d’une indemnité d’immobilisation qui reste au vendeur s’il renonce sans motif prévu.

Savoir lequel des deux vous signez change donc les conséquences d’un renoncement. Demandez-le explicitement : l’usage varie selon les régions et les praticiens.

Les dix jours

L’article L271-1 du code de la construction et de l’habitation accorde à l’acquéreur non professionnel d’un logement dix jours pour revenir sur son engagement, sans motif et sans indemnité.

Le point de départ est précis : le lendemain de la première présentation de la lettre qui vous notifie l’acte, envoyée en recommandé avec accusé de réception ou par un moyen offrant des garanties équivalentes sur la date de réception. Ce n’est donc pas la date de signature, et la nuance compte quand les délais sont serrés.

Le même article interdit qu’on vous réclame un paiement quelconque, directement ou indirectement, avant l’expiration de ce délai, sauf disposition législative expresse. Ces dix jours sont le moment de lire les documents de copropriété et les diagnostics, pas de les découvrir plus tard.

La condition suspensive de prêt

Dès lors que le prix est payé même partiellement par un crédit, l’acte est conclu sous condition suspensive d’obtention du prêt. L’article L313-41 du code de la consommation lui impose une durée d’au moins un mois à compter de la signature, et prévoit que toute somme versée par l’acquéreur lui est intégralement restituée, sans retenue ni indemnité, si la condition ne se réalise pas.

Cette protection est solide sur le papier et fragile en pratique, parce qu’elle dépend de la rédaction. Trois éléments doivent correspondre à votre projet réel : le montant du prêt recherché, sa durée, et le taux maximum accepté. Un montant sous-estimé ou un taux plafond irréaliste permet de soutenir que le prêt refusé n’était pas celui décrit.

Vérifiez aussi le nombre de refus à produire et le délai pour les présenter. Le montant à demander est celui que votre banque a validé, chiffre issu de l’étape monter un dossier de prêt locatif.

Les autres clauses à obtenir

D’autres conditions suspensives se négocient selon le bien. L’absence de servitude ou d’hypothèque révélée par les recherches du notaire. L’obtention d’une autorisation d’urbanisme quand des travaux le supposent. La libération effective du logement à une date donnée lorsqu’il est vendu occupé.

Regardez également la date prévue pour l’acte authentique et ce qui se passe en cas de retard, la répartition des charges de copropriété et de la taxe foncière entre vendeur et acquéreur, et le sort des travaux votés en assemblée générale mais non encore appelés. Ce dernier point se règle ici, pas après.

Ce qui doit être annexé

Le dossier de diagnostic technique, avec le diagnostic de performance énergétique, dont la classe conditionne désormais la possibilité même de louer.

Pour un lot de copropriété, les documents prévus par l’article L721-2 du code de la construction et de l’habitation : fiche synthétique, règlement de copropriété et état descriptif de division avec leurs actes modificatifs publiés, et procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années. Leur lecture est l’objet de l’étape vérifier une copropriété avant d’acheter.

Si vous les recevez le jour de la signature, le délai de rétractation devient votre fenêtre de lecture. Mieux vaut les avoir demandés dès la visite.

Ce qu’il faut retenir

  • Demandez explicitement si vous signez un compromis ou une promesse unilatérale : les conséquences diffèrent.
  • Les dix jours courent à compter de la première présentation de la notification, pas de la signature.
  • La condition suspensive de prêt ne protège que si son montant, sa durée et son taux plafond correspondent au projet réel.
  • Réglez dans l’acte le sort des travaux votés non appelés et la répartition des charges.
  • Signer chez le notaire apporte un devoir de conseil envers les deux parties.

Sources

Code de la construction et de l’habitation, article L271-1
Le délai de rétractation de dix jours, son point de départ à la première présentation de la notification, et l’interdiction de tout paiement avant son expiration.
Code de la consommation, article L313-41
La durée minimale d’un mois de la condition suspensive d’obtention de prêt, et la restitution intégrale des sommes versées sans retenue ni indemnité.
Code de la construction et de l’habitation, article L721-2
Les documents de copropriété à remettre au plus tard à la signature de la promesse.

Sources consultées le 20 septembre 2026.

À lire ensuite

Entre le compromis et l’acte, le budget se complète des frais d’acquisition. Et si le prêt est refusé, ce que permet la condition suspensive. La surface qui engage le vendeur dans cet avant-contrat est détaillée dans loi Carrez ou surface habitable.

Questions fréquentes sur le compromis

Quelle différence entre compromis et promesse de vente ?

Le compromis engage réciproquement les deux parties à la vente. La promesse unilatérale n’engage que le vendeur, qui réserve le bien à l’acquéreur pendant un délai donné en contrepartie d’une indemnité d’immobilisation. Les conséquences d’un renoncement ne sont donc pas les mêmes, et la confusion entre les deux est fréquente chez un premier acheteur.

Quand commencent les dix jours de rétractation ?

Au lendemain de la première présentation de la lettre notifiant l’avant-contrat à l’acquéreur, envoyée en recommandé avec accusé de réception ou par un moyen offrant des garanties équivalentes sur la date de réception. Ce n’est donc pas la date de signature qui compte, et la distinction a son importance quand le calendrier est serré.

Peut-on raccourcir la condition suspensive de prêt ?

L’article L313-41 du code de la consommation lui impose une durée d’au moins un mois à compter de la signature de l’acte. Un vendeur pressé peut demander un délai court : accepter le minimum légal quand l’instruction bancaire demande davantage revient à se priver de la protection au moment où elle servirait.

Le dépôt de garantie est-il obligatoire ?

Aucun texte ne l’impose, mais il est d’usage et il est séquestré, le plus souvent chez le notaire. Attention au calendrier : aucun paiement ne peut être reçu de l’acquéreur non professionnel avant l’expiration du délai de rétractation. Si la condition suspensive ne se réalise pas, les sommes versées sont intégralement restituées.

Faut-il signer chez le notaire ou en agence ?

Les deux sont possibles, et la signature chez le notaire présente un avantage réel : il est tenu à un devoir de conseil envers les deux parties et vérifie les clauses. Sur une première acquisition, ou dès que le dossier comporte une particularité, c’est le choix le plus prudent.