Équiper un meublé : la liste obligatoire et le reste
Les onze catégories du décret, et ce qui fait louer plus vite.
En bref
Un logement meublé doit comporter au minimum onze catégories d’équipements, fixées par le décret du 31 juillet 2015, qui vont de la literie avec couette au matériel d’entretien ménager. La liste est un plancher, pas un objectif : elle qualifie le bail, elle ne suffit pas à louer vite. Un élément manquant expose à la requalification du contrat en location vide, avec un bail de trois ans au lieu d’un an et un passage des recettes des bénéfices industriels et commerciaux vers les revenus fonciers. L’inventaire et l’état détaillé du mobilier sont annexés au bail et établis à la remise comme à la restitution des clés, ce qui en fait la seule preuve utilisable au départ du locataire.
Les onze catégories
Le décret du 31 juillet 2015 définit le logement meublé par son contenu minimal : un logement équipé d’un mobilier suffisant pour que le locataire puisse y dormir, y manger et y vivre convenablement au regard des exigences de la vie courante.
Le contenu minimal exigé
- 1Literie comprenant couette ou couverture
- 2Dispositif d’occultation des fenêtres dans les pièces destinées à être utilisées comme chambre à coucher
- 3Plaques de cuisson
- 4Four ou four à micro-ondes
- 5Réfrigérateur et congélateur, ou au minimum un réfrigérateur doté d’un compartiment à −6 °C au plus
- 6Vaisselle nécessaire à la prise des repas
- 7Ustensiles de cuisine
- 8Table et sièges
- 9Étagères de rangement
- 10Luminaires
- 11Matériel d’entretien ménager adapté aux caractéristiques du logement
Ce sont des catégories, pas des références : le décret ne dit ni combien de chaises ni quelle marque de réfrigérateur.
Ce qu’un oubli fait risquer
Cette liste n’est pas une recommandation de confort : elle qualifie le contrat. Un logement auquel il manque une catégorie n’est pas meublé au sens de la loi, et le bail s’expose à une requalification en location vide.
Les conséquences se cumulent. Le bail passe d’un an à trois ans, ce qui immobilise le logement bien au-delà de ce que l’investisseur avait prévu. Et les recettes changent de catégorie fiscale, des bénéfices industriels et commerciaux vers les revenus fonciers, ce qui fait perdre l’amortissement du régime réel, comparé dans LMNP, micro-BIC ou réel.
Pour une liste de onze lignes dont le coût total se compte en centaines d’euros, le rapport entre l’économie et le risque ne se discute pas.
Ce qui fait louer plus vite
Le décret fixe un plancher légal, pas un standard de marché. Quatre équipements absents de la liste reviennent systématiquement dans les critères des candidats, et ils se rentabilisent en délai de location plus qu’en loyer.
- Le lave-linge, surtout dans un immeuble sans laverie proche. C’est l’équipement le plus souvent cité par les candidats, et le plus souvent absent.
- Un vrai bureau, table et chaise de travail, depuis que le travail à distance s’est installé dans les habitudes.
- Du rangement fermé, armoire ou penderie, que le décret n’impose pas puisqu’il ne parle que d’étagères.
- Une connexion prête, prise raccordée et emplacement prévu pour la box, ce qui évite au locataire une intervention dès son arrivée.
Au-delà, le meublé haut de gamme relève d’une autre stratégie : il vise un autre locataire et un autre loyer, arbitrage traité dans nue, meublée, colocation ou courte durée.
Combien y mettre
Un raisonnement simple tient lieu d’arbitrage : chaque euro de mobilier doit se justifier soit par un loyer plus élevé, soit par une location plus rapide, soit par une durée de vie qui évite de racheter dans deux ans.
C’est ce dernier critère qui départage le milieu de gamme du premier prix. Un matelas et un canapé sont les deux postes où l’entrée de gamme se voit vite, se plaint vite et se remplace vite. Le reste, vaisselle, luminaires, étagères, supporte très bien l’économie.
Au régime réel, ce mobilier s’amortit sur sa durée d’usage, ce qui étale la dépense au lieu de la subir sur un seul exercice. La logique d’ensemble de ce régime est traitée au chapitre choisir sa structure.
L’inventaire annexé au bail
Un inventaire et un état détaillé du mobilier sont établis dans les mêmes formes que l’état des lieux, en autant d’exemplaires que de parties, à la remise des clés comme à leur restitution. Ces documents sont annexés au contrat de location, et ils ne peuvent donner lieu à aucune facturation autre que celle de l’état des lieux.
« Détaillé » est le mot qui compte. « Cuisine équipée » ne permet aucune retenue au départ du locataire. « Réfrigérateur combiné, marque et modèle, bon état, joint de porte intact » le permet. Photographiez chaque poste et datez les clichés.
Le même raisonnement vaut pour l’état des lieux lui-même, détaillé dans le guide de l’état des lieux.
L’usure et le renouvellement
Un meublé se loue à des locataires qui restent moins longtemps qu’en location vide. Plus de rotations, c’est plus d’états des lieux, plus de nettoyages et un mobilier qui vieillit en années de bail plutôt qu’en années civiles.
Inscrivez donc un poste de renouvellement au budget annuel, au même titre que la taxe foncière ou l’assurance. L’oublier revient à calculer un rendement sur un parc mobilier qui se déprécie sans ligne budgétaire en face.
Le mobilier usé par un usage normal ne se retient pas sur le dépôt de garantie : c’est l’objet même de la vétusté. Seule la dégradation au-delà de l’usage normal se retient, et seulement si l’inventaire d’entrée permet de la démontrer.
Ce qu’il faut retenir
- Onze catégories obligatoires, de la literie au matériel d’entretien : la liste qualifie le bail.
- Un manque expose à une requalification en location vide, donc à un bail de trois ans et au régime des revenus fonciers.
- Lave-linge, bureau, rangement fermé et connexion prête ne sont pas obligatoires mais décident souvent du délai de location.
- L’inventaire détaillé est annexé au bail et constitue la seule preuve utilisable au départ du locataire.
- Le mobilier se renouvelle : le poste appartient au budget annuel, pas aux imprévus.
Sources
- Légifrance, décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015
- La liste des onze catégories d’éléments de mobilier que doit comporter un logement meublé.
- Légifrance, article 25-5 de la loi du 6 juillet 1989
- L’inventaire et l’état détaillé du mobilier, établis à la remise et à la restitution des clés, et annexés au contrat.
- ANIL, liste des éléments de mobilier d’un logement meublé
- L’analyse du décret et sa portée pour la qualification du contrat de location.
Sources consultées le 20 septembre 2026.
À lire ensuite
Pour le contrat lui-même, un modèle de bail meublé. Et pour la différence de régime entre les deux contrats, bail meublé ou bail vide.
Questions fréquentes sur l’équipement d’un meublé
Quels meubles sont obligatoires dans une location meublée ?
Onze catégories : literie avec couette ou couverture, dispositif d’occultation des fenêtres dans les chambres, plaques de cuisson, four ou four à micro-ondes, réfrigérateur et congélateur ou à défaut un réfrigérateur avec un compartiment à −6 °C au plus, vaisselle pour les repas, ustensiles de cuisine, table et sièges, étagères de rangement, luminaires, et matériel d’entretien ménager adapté au logement.
Que risque-t-on s’il manque un équipement de la liste ?
Le logement n’est alors pas meublé au sens de la loi, et le contrat s’expose à une requalification en location vide. Les conséquences sont lourdes : bail de trois ans au lieu d’un an, préavis de départ allongé, et recettes qui basculent des bénéfices industriels et commerciaux vers les revenus fonciers, donc perte du régime réel avec amortissement.
Un lave-linge est-il obligatoire ?
Non, il ne figure pas dans les onze catégories du décret. Il fait pourtant partie des équipements qui pèsent le plus sur la décision d’un locataire, en particulier dans un immeuble sans laverie à proximité. C’est typiquement une dépense hors liste qui se rentabilise en délai de location plutôt qu’en loyer.
Faut-il un inventaire du mobilier ?
Oui. Un inventaire et un état détaillé du mobilier sont établis dans les mêmes formes que l’état des lieux, en autant d’exemplaires que de parties, lors de la remise et de la restitution des clés, puis annexés au contrat. Sans inventaire d’entrée, aucune retenue sur le dépôt de garantie au titre du mobilier n’est défendable.
Peut-on meubler d’occasion ?
Rien ne l’interdit, et le décret ne fixe aucune exigence de neuf. La limite est pratique : un mobilier déjà usé se dégrade pendant le bail sans qu’on puisse l’imputer au locataire, puisque l’inventaire d’entrée l’aura décrit comme usé. L’économie à l’achat se paie au renouvellement.